Il pleuvait sans discontinuer sur Amsterdam ce dimanche 18 octobre, et pourtant le marathon néerlandais a livré l’une des courses les plus rapides de son histoire. Chez les femmes, l’Éthiopienne Buze Diriba a effacé le record de l’épreuve en 2 h 16 min 12 s. Chez les hommes, son compatriote Lemi Berhanu s’est imposé en 2 h 03 min 33 s, à trois secondes seulement du record établi l’an dernier. Retour sur une édition qui confirme le statut d’Amsterdam parmi les grands marathons d’automne.
Plan de l'article
Buze Diriba, un record sous la pluie #
La course féminine s’est jouée en deux temps. Au semi-marathon, le groupe de tête passe en 1 h 08 min 34 s, une allure déjà proche du record. Le peloton se réduit au fil des kilomètres et, à 30 km, franchi en 1 h 37 min 23 s, Mestawut Fikir lâche prise. Diriba accélère ensuite franchement : elle compte une trentaine de secondes d’avance au 40e kilomètre et près d’une minute à l’arrivée, selon le compte rendu de World Athletics.
Son chrono de 2 h 16 min 12 s améliore de 40 secondes le précédent record du parcours, 2 h 16 min 52 s, détenu par Yalemzerf Yehualaw depuis 2024. C’est aussi la meilleure performance jamais réalisée sur le sol néerlandais. Avec ce temps, Diriba entre au 16e rang des bilans mondiaux de tous les temps, alors que sa meilleure marque personnelle s’arrêtait jusque-là à 2 h 19 min 34 s.
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Derrière elle, la tenante du titre Aynalem Desta prend la deuxième place en 2 h 17 min 06 s, et Meseret Belete complète un podium 100 % éthiopien en 2 h 18 min 06 s. Les deux signent un record personnel, preuve que la pluie n’a pas empêché les chronos de tomber.
Lemi Berhanu, dix ans après #
Chez les hommes, le scénario a été plus serré. Les lièvres emmènent le groupe au semi en 1 h 02 min 24 s, puis la course s’emballe dans la seconde moitié. Au 40e kilomètre, passé en 1 h 57 min 25 s, Lemi Berhanu et le Kényan Nicholas Kipkorir sont encore côte à côte, Patrick Mosin pointant à onze secondes.
Berhanu fait la différence dans les deux derniers kilomètres et l’emporte avec six secondes d’avance. Son temps de 2 h 03 min 33 s améliore d’environ une minute un record personnel vieux de dix ans. Il manque de trois secondes le record du parcours de Geofry Toroitich Kipchumba, établi lors de l’édition 2025. Kipkorir, qui ne disputait que son deuxième marathon, termine en 2 h 03 min 39 s, et Mosin troisième en 2 h 03 min 58 s.
Les deux vainqueurs ont couru en « negative split », c’est-à-dire plus vite sur la seconde moitié que sur la première. Un détail technique qui en dit long sur la gestion de course des athlètes éthiopiens ce jour-là.
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Une densité rarement vue #
Le chiffre le plus frappant de la journée concerne la profondeur du plateau masculin : huit coureurs ont terminé sous les 2 h 05. Selon World Athletics, ce n’est que la troisième fois qu’un marathon atteint une telle densité. Kalipus Lomwai (2 h 04 min 09 s), Sila Kiptoo, Justus Kangogo, Jonathan Korir et Isaia Kipkoech Lasoi ont tous couru en 2 h 04, et le Japonais Yohei Ikeda a terminé en 2 h 05 min 16 s.
Le marathon d’Amsterdam bénéficie du label Platinum de World Athletics, le plus haut niveau pour les courses sur route. Son parcours, plat et roulant, en fait l’un des terrains favoris des chasseurs de chronos. Les informations pratiques sur l’épreuve sont disponibles sur le site officiel du TCS Amsterdam Marathon.
Ce que les coureurs amateurs peuvent en retenir #
Courir sous la pluie n’est pas une fatalité
Ce marathon montre qu’une pluie régulière ne ruine pas une course, à condition de s’y préparer. Pour un coureur amateur, quelques réflexes font la différence : une couche fine et ajustée plutôt qu’un vêtement en coton qui se gorge d’eau, de la crème anti-frottement sur les zones sensibles et des chaussettes techniques. Les chaussures déjà rodées à l’entraînement sont préférables à une paire neuve, qui risque de provoquer des ampoules une fois mouillée.
La leçon du « negative split »
L’autre enseignement concerne la gestion de l’allure. Partir trop vite est l’erreur la plus courante sur marathon, et elle se paie cher après le 30e kilomètre. Viser un premier semi légèrement plus lent que son objectif, puis accélérer si les sensations le permettent, reste la stratégie la plus sûre. C’est exactement ce qu’ont fait Diriba et Berhanu, à un tout autre niveau.
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Amsterdam, une destination pour un premier marathon ?
Plat, animé et facile d’accès depuis la France en train, le marathon d’Amsterdam attire chaque année de nombreux coureurs français. Sa date, à la mi-octobre, en fait une bonne cible pour une préparation lancée pendant l’été. Ceux qui envisagent l’édition 2027 ont intérêt à surveiller l’ouverture des inscriptions sur le site officiel.
Un automne de chronos #
Cette édition vient clore un mois d’octobre riche pour le marathon mondial, après Chicago le 11 octobre. Le même week-end, World Athletics signale aussi la victoire de Tamirat Tola à Pékin en 2 h 03 min 10 s, record de l’épreuve sur le sol chinois, et celle d’Enock Ochari à Ljubljana en 2 h 04 min 55 s. Autant de références pour les coureurs qui suivent la saison route et préparent déjà leurs objectifs du printemps.




