Dimanche 25 octobre, le Mainova Frankfurt Marathon s’élance pour sa 43e édition avec un plateau que son organisateur n’hésite pas à présenter comme le plus rapide jamais réuni sur les bords du Main. Côté masculin, quatre coureurs affichent un record personnel sous 2h05 et quatre autres sous 2h07. Côté féminin, cinq athlètes ont déjà couru sous 2h22. Et au milieu de cette densité, une histoire domine toutes les autres : celle d’Amanal Petros, champion d’Europe et détenteur du record d’Allemagne, qui vient chercher un chrono historique à domicile.
Plan de l'article
Amanal Petros, l’homme à suivre #
Petros arrive en tête de la liste de départ avec son record d’Allemagne de 2h04’03. Le Hessischer Rundfunk rappelle que le record de l’épreuve, signé par le Kényan Wilson Kipsang en 2011, est de 2h03’42 : il manque donc 21 secondes à l’Allemand pour l’effacer. Et son ambition va au-delà. Interrogé au printemps, il confiait vouloir s’attaquer au record d’Europe si toutes les conditions étaient réunies. Cette marque appartient au Belge Bashir Abdi, en 2h03’36 depuis 2021.
Pour un coureur amateur, ces écarts paraissent minuscules. À ce niveau, ils représentent pourtant un monde : gagner une vingtaine de secondes sur un marathon déjà couru en 2h04, c’est tenir un rythme d’environ 2’56 au kilomètre pendant 42,195 km, sans le moindre passage à vide. D’où l’importance du parcours plat de Francfort et, surtout, de la météo du jour.
Un duel 100 % allemand
Ce qui rend l’édition 2026 particulière, c’est que Petros ne sera pas seul à porter les couleurs allemandes. Samuel Fitwi (2h04’45) et Richard Ringer (2h04’47) seront aussi au départ. Le directeur de course Jo Schindler parle d’une « constellation idéale » et d’un « moment historique » dans l’histoire de l’épreuve : les trois meilleurs marathoniens du pays courront ensemble, et les uns contre les autres, sur le même parcours.
Dans un communiqué relayé par RunBlogRun, il résume : « C’est sûrement le plateau élite le plus rapide que nous ayons jamais réuni pour le Mainova Frankfurt Marathon. » Il dit s’attendre à une course « palpitante, de très haut niveau », avec des Allemands qui jouent les premiers rôles.
Une concurrence éthiopienne et kényane solide #
Les Allemands ne seront pas seuls à viser la victoire. L’Éthiopien Andualem Belay (2h04’44) est le seul engagé à avoir couru plus vite que Fitwi et Ringer, et seul Petros le devance sur le papier. Le Kényan Benard Biwott (2h05’25), vainqueur surprise en 2024, connaît le parcours et sait ce qu’il faut pour gagner ici. Haimro Alame, qui court pour Israël (2h06’04), arrive avec une 4e place aux championnats du monde de Tokyo 2025.
Derrière, un groupe d’Éthiopiens autour de 2h07-2h08, avec notamment Antenayehu Dagnachew (2h06’55) et Jiregna Geleta (2h06’57), peut faire exploser la course si le rythme des lièvres s’avère trop ambitieux pour les favoris.
Chez les femmes, Zeineba Yimer favorite #
La course féminine aligne le deuxième plateau le plus rapide de l’histoire de l’épreuve. L’Éthiopienne Zeineba Yimer, avec son record de 2h18’47, part favorite. L’Américaine Betsy Saina (2h19’17), déjà 8e à Francfort en 2018, sera sa principale rivale sur le papier. Meskerem Assefa (2h20’36), ancienne lauréate de l’épreuve, a été confirmée au départ après l’obtention de son visa.
Côté allemand, il faudra suivre les débuts sur marathon de Blanka Dörfel, 24 ans. La Berlinoise, championne d’Allemagne du 10 000 m et deuxième du semi-marathon de Mayence en mai, assume son choix auprès du Hessischer Rundfunk : elle ne veut pas tourner le dos aux distances plus courtes, mais veut désormais miser pleinement sur le marathon, avec l’objectif de rejoindre l’élite allemande puis européenne.
Plus de 18 500 coureurs, un record de participation #
Au-delà des élites, Francfort confirme son statut de grand rendez-vous populaire de l’automne. Selon le Hessischer Rundfunk, plus de 18 500 personnes sont attendues, un nouveau record de participation, et les inscriptions affichaient complet dès la fin août. La course sera diffusée en direct sur hr-fernsehen à partir de 9h55.
Ce que les amateurs peuvent en retenir
Si vous préparez un marathon de fin d’automne, Francfort est un bon cas d’école. Le parcours plat attire les coureurs qui visent un record personnel, mais octobre en Allemagne peut réserver du vent et des températures fraîches. Comme pour les élites, la clé est la régularité : partir trop vite sur une première moitié rapide se paie presque toujours après le 30e kilomètre.
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Regarder une course comme celle-ci, c’est aussi observer comment les meilleurs gèrent les lièvres, les ravitaillements et les relances. Si Petros tente vraiment le record d’Europe, il devra rester dans le groupe de tête jusqu’à la fin des lièvres, puis tenir seul sur la fin. C’est exactement le scénario qui fait la beauté du marathon : un plan parfait sur le papier, et une vérité qui ne se révèle qu’au 35e kilomètre.
Rendez-vous dimanche 25 octobre pour savoir si le Main verra tomber le record de Kipsang, ou même celui d’Abdi.




